Chut! libre

Je suis tombée, à l’envers. Mes cheveux affolés ont enveloppé mon visage, telle une pieuvre autour de sa minuscule proie. Mes bras en s’ouvrant ont ralenti la chute, l’atavisme. Si.  Avant, nous savions, nous pouvions accepter que la gravité soit notre maîtresse. Aujourd’hui, toujours elle. Mais nous refusons, nous crispons, les sphincters en surrégime. Nous serrons la main comme d’autres prient. Nous espérons, pourvu que personne ne lâche. Et nous ne sommes plus jamais prêts, quand la gravité gagne. On s’effondre raide. La dignité, en toutes circonstances.

A l’envers, je préfère. C’est arrivé si soudainement, une surprise que je n’attendais plus, à force. Fuir, je le voulais tellement. Me soustraire, réduire ces sons parasites jusqu’à zéro. Le dehors forçait le dedans. Il m’épuisait. La chute c’est l’issue de secours, mais elle n’est jamais là où on la croit. Alors quand elle survient, on a peur, et on ne sait même plus pourquoi. Là, j’ai envie d’applaudir. Mais mes bras gardent le cap. Ils savent.